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Contributions, réflexions, observations - ... "Fuck", un mot épouvantable qu'il faut connaître et ne jamais employer.
FuckLe mot « fuck » n’appartient pas au vocabulaire du globish : vous éviterez donc pieusement de l’utiliser dans votre propre communication.

Cette précaution vous mettra à l’abri d’un danger commun : dans une langue étrangère, l’exercice le plus délicat, et le plus incertain, se trouve dans l’usage des mots orduriers, des insultes et des jurons. A l’oreille, tous les mots sont égaux en sonorité. L’orthographe des vocables indélicats ne les distingue en rien. Comment pourrions nous nous y retrouver avec certitude ?

Pourtant, le mot « fuck » est bien répandu en angloricain, et il vaut mieux le connaître, et le reconnaître. Certains attribuent ce terme à William Shakespeare en prétendant qu’il serait l’acronyme de « For Unlawful Carnal Knowledge » (« pour connaissance charnelle illégale »). Dans sa pharisienne Angleterre élisabéthaine, l’écriteau portant cette mention aurait couvert d’infamie la cellule incarcérant les fautifs d’adultère ou de fornication hors mariage.

Un internaute (bien connu à Arras sous le nom de "Magna Carta") me signale une autre interprétation, dans la formulation suivante:

"Je viens vers vous pour vous donner ma version de l'origine de "FUCK".
Jadis prof d'anglais, j'ai passé quelque temps en Cornouailles, d'où je tire
cette histoire:
Fuck était bien comme vous le dites gravé sur un écriteau cloué sur les
portes, mais seulement les portes des jeunes mariés pour qui la règle de la
"prima nocte" ne s'appliquait pas. FUCK signifierait alors "Fornication Under
Consent of King".

Ce mot a de plus l’originalité d’une énigmatique richesse en angloricain. Nous pouvons le trouver comme :
• Verbe — « Dave fucked up the whole meeting. »
• Adverbe — « Dave was fucking interested in the meeting agenda. »
• Substantif — « Dave did not give a fuck about anybody’s opinion in the meeting. »
• Interjection — « Fuck! Dave is taking the leadership in the meeting. »
• Adjectif — « Dave has got such a fucking argument on this point. »

Ses dérivés sont non moins courants, tel « fucking », parfois dissimulé en « effing » par un appel faussement chaste à sa seule première lettre. C’est naturellement le participe présent du verbe « fuck ». Il est utilisé avec une intrépide libéralité dans nombre de films américains, pour y souligner la virile vigueur de dialogues d’une affligeante insignifiance. Les feuilletons télévisés en sont heureusement épargnés, sans doute par crainte des associations de parents.





Les convenances interdisent qu’il soit ici traduit dans son égrillarde précision anatomique, mais sa fréquence mérite une petite table policée de ses significations répandues.
• « Fuck you! » Il me divertirait que le diable ait la bonne idée de vous emporter, de vous faire votre affaire, et de ne jamais vous restituer !
• « Fuck off! » Il me plairait que vous décidiez d’aller maintenant importuner quelqu’un d’autre, et de vous y appliquer durablement !
• « What the fuck is this? » Seigneur, auriez-vous l’obligeante bonté de m’aider à comprendre de quoi il pourrait bien s’agir ?
• « Fucking bad… » Nettement pire que ce que j’aurais pu normalement attendre…
• « Fucked up… » Dont le désordre remémore le temple abritant la lucrative industrie des prêtresses de Vénus… A donné l’acronyme « SNAFU », pour « Situation normal, all fucked up »).
• « You, mother-fucker!… » Je pense voir en vous un personnage gravement insupportable, et je vous soupçonne de souffrir du complexe d’Œdipe au point de l’avoir physiquement satisfait sur la personne de votre chère maman !
• « Go fuck yourself!… » Je vous suggèrerais respectueusement de vous transformer en un hybride autosodomite de la pompe à essence et du contorsionniste de cirque !
• « No fucking way!… » J’espère que vous ne vous offenseriez pas si je me permettais de douter que ceci soit réalisable comme vous semblez le demander.
• « You, fucking loser… » Je ne vois en vous qu’un malheureux et encombrant individu aux initiatives duquel la fortune semble avoir décidé de ne plus sourire…
• « Fuck the whole world… » J’ai la très fâcheuse impression de me sentir las, dolent, et désabusé de bien beaucoup de choses…
• « Who would care a fuck? » ou, plus correct (si l'on ose dire...) "who would give a fuck?" J’ai de la peine à imaginer que ce sujet puisse revêtir une quelconque gravité, ou un quelconque intérêt aux yeux de quiconque.

Le verbe « to focus » n’appartient pas non plus au vocabulaire du globish. Il veut dire « se concentrer sur quelque chose », et « mettre au point (un appareil d’optique ». Vous n’utiliserez pas ce terme. Au lieu de dire « we should focus on this problem », vous direz ou écrirez « this problem needs our urgent interest, it concerns us and is worth our attention ». Qui plus est, comme me l’a fait remarquer l’un de mes correspondants sur ce site, et comme une expérience amusante le lui avait enseigné, prononcé par un Français, le mot « focus » recèle un danger inattendu : pour une oreille anglo-saxonne, et en particulier américaine, il a une habituelle et forte tendance à ressembler à « fuck us » avec des cordes vocales françaises. Not too good… Raison de plus pour l’éviter : le quiproquo serait savoureux, mais superflu…


En revanche, si vous voulez vous illustrer aux yeux de vos amis américains, vous pouvez leur poser la devinette suivante: "what is the difference between the american coffee and making love on a beach?" ("Quelle est la différence entre le café américain et faire l'amour sur une plage?", le café de là-bas étant connu pour sa dilution, à l'opposé des préférences françaises et italiennes qui réclament la concentration savoureuse).

Réponse "There is no difference, they are both fucking close to water". Difficilement traduisible en français, mais l'effet est assuré.

Parmi les classiques, se trouve aussi la plaisanterie commençant par la question: "what is the difference between a Swiss pump and a Swiss Admiral?", la Confédération Helvétique ayant eu une notable réputation pour une marine de commerce significative, souvent basée à Sète autrefois, mais pas pour sa marine militaire. Réponse: "a Swiss pump sucks and never fails, while a Swiss Admiral fucks and never sails". Douteux, je sais, mais louangeux pour les pompes du pays ami et voisin...


Pour terminer, un petit supplément trouvé dans internet et livré ici sans modification :

« Quelques conseils aux étudiants et autres néophytes pour devenir bilingue !

Si vous demandez un Coca-cola dites guimi a coouc. Si vous demandez un café et un biscuit dites cofi an dounat. Si vous demandez des œufs et du jambon dites ham an egs. Si vous vous coincez un doigt dans la porte du taxi dites foc. Si quelque chose vous semble cher dites foc.

Si vous tombez dans le métro (ou ailleurs d’ailleurs) dites foc. Si on vous dévalise dans le Bronx (ou ailleurs d’ailleurs) dites foc. Si vous croisez une de ces filles que l’on ne voit qu’au cinéma dites ouata foc. Si on vous crie de dessus en employant foc répondez foquiou tou. Si vous perdez votre passeport, avisez un policier et dites aï lost maï foquin peipppers. Si vous vous perdez en ville (ou ailleurs d’ailleurs), criez aï am foquin lost. En vous référant à un tiers dites de foquin gaï overder. Si vous voulez coucher avec cette belle blonde, dites-lui aï wanna foc wiz you. Si vous voulez coucher avec cette belle brune, dites-lui haï ! can aï foquiou ? Si vous ne savez pas où prendre un taxi, dites haou tou guet a foquin cab ? Si ce que vous faites ne marche pas, dites foc zat shit. Si vous êtes très fâché, ne dites pas refoc mais simplement foc plusieurs fois. Si on vous charrie demandez ariou foquin mi ? Et si ces instructions s’avéraient insuffisantesOuat da foc you ouant ? ».

Leçon déclarée dans internet provenir de Mlle C. prof d’anglais en Champagne. A rapprocher, pour un aspect du moins, du conseil donné page 135 dans le livre « don’t speak English, parlez globish ».

Il est permis d’ajouter que, lorsque vous visiterez le superbe zoo du Bronx, il ne vous est pas recommandé de vous extasier pour votre petite famille à proximité de l’enclos des mammifères pinnipèdes amphibies en criant d’admiration : « les phoques, les phoques

Enfin, connaissez l'acronyme "RTFM", souvent rencontré dans Internet sous le clavier des employés de "help desk". Ils ont en effet remarqué que nombre des requêtes faisant leur gagne-pain provenaient d'internautes se pprésumant intelligents: ceux-ci pensent ingénument pouvoir se passer du manuel détaillant le mode d'emploi du produit tout juste acquis dans la grande surface, et posent dans l'angoisse des questions dont la réponse s'y trouve clairement imprimée. Réponse habituelle en abrégé plus discret: "Read The Fucking Manual" ("lis le P.... de Manuel").




Date de création : 12/05/2004 - 13:20
Dernière modification : 08/12/2007 - 21:25
Catégorie : Contributions, réflexions, observations


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Paru en avril 2004


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