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Contributions, réflexions, observations - Le drapeau américain: treize ou quinze bandes rouges et blanches?
Combien de bandes rouges et blanches dans la « bannière étoilée » américaine ?

Posez la question à Miami, New York ou San Francisco, vous avez toutes chances de vous voir répondre « treize », avec le froncement de sourcils mérité par celui qui se singularise en ignorant ce que tout le monde sait : le pavillon national américain porte autant d’étoiles que d’états dans l’Union (cinquante depuis l’incorporation de Hawaii le 21 août 1959), et autant de bandes alternées rouges et blanches que les colonies arrachant, avec l’aide française, leur indépendance en 1786 : treize. Tout au long de l’histoire, l’adjonction progressive des étoiles, parfois pour plusieurs états simultanément, fait que la version qui flotte actuellement porte le numéro 27. Un point d’information qui confondrait 99% de vos amis Américains...

Quand il vous aura été répondu « treize », vous aurez trouvé le moment de vous illustrer en répliquant : « non, quinze ». Immanquablement il vous sera rétorqué: « you gotta be kidding ! », en français « tu dé...railles… ». Et pourtant.

Plus que le drapeau des Etats Unis d’Amérique, la bannière étoilée, « the star spangled banner » est le titre de l’hymne national qu’a retenu le Congrès Américain en 1931. Selon le récit transmis par son beau-frère, l’auteur, Francis Scott Key en aurait rédigé le texte le 14 septembre 1814. C’était un avocat renommé de Washington, et il se trouvait alors à bord d’un navire amiral anglais sur lequel il était venu négocier la restitution d’un prisonnier civil qui aurait été injustement détenu.

Ceci se passait pendant la guerre qui opposa à partir de 1812 la Grande Bretagne aux tout jeunes Etats Unis. Elle venait de franchir une étape avec importante avec, le 24 août précédent, la capture et l’incendie de Washington par le Général Ross. Le palais présidentiel n’y avait pas échappé ; pour dissimuler les traces de fumée sur les murs, l’option fut prise d’en peindre régulièrement la maçonnerie en blanc depuis cette époque (d’où le nom Maison Blanche qui a été officialisé au début du vingtième siècle par le Président Teddy Roosevelt, l’oncle de Franklin Delano).

Key fut retenu plusieurs jours sur le bâtiment de la Royal Navy, car les préparatifs d’une attaque y étaient évidents, et l’amiral ne l’aurait pas laissé retourner à terre pour l’y annoncer. Elle se dirigea contre le point stratégique appelé « Fort McHenry », près de la ville de Baltimore. Le soir vit l’héroïque défense des assiégés dont le pavillon flottait hardiment au sommet des constructions. L’offensive continua toute la nuit, et au petit matin (« by the dawn’s early light, à la lumière précoce de l’aube ») Key eut l’immense soulagement que les couleurs nationales étaient toujours à leur poste, et que la troupe anglaise préparait sa retraite. L’émotion lui dicta la poème destiné à devenir l’hymne que nous connaissons.

Maintenant, quel était donc le drapeau dont la présence avait rassuré et inspiré Francis Scott Key, le seul qui, vu les circonstances, mériterait d’être considéré comme la vraie « bannière étoilée » ? C’était celui rendant compte de l’admission dans l’Union de l’état de Vermont en 1791 et du Kentucky en 1792. Comme on pourrait s’y attendre, il portait donc deux étoiles de plus que celles des treize premières colonies de la rébellion initiale. Mais il portait aussi quinze bandes, car les fondateurs de la nation avaient imaginé, au départ, ajouter bandes et étoiles simultanément au fur et à mesure des nouvelles incorporations. Ce n’est qu’avec l’arrivée du Tennesse en 1796, puis de l’Ohio, de la Louisiane, de l’Indiana et du Mississipi qu’est apparue l’impossibilité pratique d’empiler les bandes, qui, vu leur nombre possible enfin imaginé, n’allaient plus donner finalement un jour qu’une surface rose. Il fut alors sagement décidé en 1818 de revenir aux treize bandes de départ, honorant pour toujours les treize états primitifs, et de passer à vingt étoiles.

Il n’en reste pas moins la réalité historique incontestable : la « bannière étoilée » de Francis Scott Key, la vraie, l’authentique de l’origine, n’avait pas treize bandes mais quinze. L’objet existe toujours et a été conservé par plusieurs familles successives, pas toujours avec la piété qu’il méritait, et de nombreux petits morceaux ont été découpés comme souvenirs et distribués par quelques uns des détenteurs. Présenté au Musée de la Nation Américaine à Washington DC, l’essentiel est encore impressionnant : il mesurait à l’origine neuf mètres de haut sur presque treize de large.

Date de création : 07/08/2004 - 07:57
Dernière modification : 08/12/2007 - 20:31
Catégorie : Contributions, réflexions, observations


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